Samedi 15 octobre, deux camions partent sans bruit de l’église Notre Dame du Fréchou de Chicago, pour prendre la destination du sud. Ils partent secourir les victimes des ouragans Katrina et Rita. Des que ces catastrophes naturelles survinrent, Monseigneur voulut envoyer ses religieux sur place. Cela pris quelque temps de remplir ces deux énormes camions et de trouver l’aide nécessaire a une pareille expédition. Mais enfin, grâce à de nombreux bienfaiteurs, deux petites sœurs et un prêtre purent partir, charges au maximum de produits de première nécessité, nourriture, couvertures, désinfectants, meubles, etc.… Apres une courte étape dans le Kentucky, ils passent leur première nuit en Louisiane, près de Lafayette. Le camion est leur abri pour dormir, car tous les hôtels sont occupes par les rescapes des ouragans. Ayant comme point de contact la ville de Erath ou ils déposent une petite partie de leur cargaison a une quinzaine de familles, ils passent ensuite leur après midi à sillonner la région et trouvent notamment à Pecan Island un spectacle qu’ils ne pourront pas oublier…une région entière dévastée par l’eau, avec une odeur pestilentielle. Un monsieur acadien de la région témoigne que 10,000 vaches flottent encore dans l’eau avec tous les risques d’infection que cela suppose.
Des monceaux de meubles, de matelas, de cuisinières, de détritus jonchent les routes. Un hôtel inutilisable a sorti ses dizaines de matelas dehors. Il n’y a plus de magasins, plus d’écoles, plus d’hôpitaux…
Voulant pousser jusqu'à la ville de Cameron qui a été singulièrement frappée par l’Ouragan Rita, l’armée leur en empêche l’accès pour raisons sanitaires et parce qu ‘il n’y a « plus rien à voir ». Les secours ont été obliges de raser la ville. Seuls les camions de construction sont autorisés à passer.
Dès leur 1ere nuit à Lafayette, la Providence a fait rencontrer un couple de personnes aux religieux, qui les invita à venir dans leur région…C’est dans le Mississippi, à quelques dizaines de miles de la Nouvelle Orléans, vers les localités de Bay Saint Louis, et Pass Christian. Ce qu’elles trouvent dépasse l’entendement. Tout d abord, beaucoup de toits bâchés et d’énormes arbres déracinés. Puis, à mesure qu’ils approchent de la zone cruciale, ils voient les ravages de cet ouragan sans précédent. Un pont ferroviaire gigantesque a été englouti, les maisons ont été démantibulées comme châteaux de cartes.
Les stations d’essence n’existent plus…Et les gens témoignent…Ce couple a passé 12 heures dans l’eau jusqu’au cou, prisonnier du courant, attendant que le niveau baisse. Cet autre a été sauvé car ils ont eu l’idée de monter dans leur bateau amarré près de leur maison, qu’ils ont vu s’écrouler petit à petit sous leurs yeux ; un monsieur a été sauvé, car il s’est cramponné sur son toit à une branche d’arbre... l’eau a monte jusqu'à 25 pieds ravageant tout sur son passage.
Malgre un tel désastre, les religieux notent une grande paix chez ces gens ; aucune trace de révolte mais une résignation et un abandon entre les mains de Dieu. Une grande charité règne parmi ces personnes affligées qui ont tout perdu. Des personnes âgées démunies veulent donner à leurs voisins le peu qui leur reste…Des miracles vivants renforcent la foi de ces victimes : les sœurs voient l’église de Sainte Claire près de Pass Christian, entièrement détruite. Seul un pan de mur est debout, abritant une jolie statue de Notre Dame, demeurée intacte. La croix métallique d’une autre église, St Peter, est elle aussi debout avec Notre Dame du Golf, alors que le reste du bâtiment est effondré.
Bien sûr que les religieux de Monseigneur Jean Marie furent accueillis à bras ouverts avec tous leurs produits et nourriture très appréciés.
Père Louis Marie, Soeur Marie de la Croix et Soeur Marie Renée firent une distribution directe aux personnes et donnèrent vraiment ce dont ils avaient besoin. Les 2 camions seront vidés en 4 jours seulement. Ils iront dans les campements où sont les survivants. Toute la vie de la région se passe sous les tentes : les écoles provisoires, les cliniques, les magasins aménagés, les centres de distribution humanitaires (mais pour cela, il faut avoir une voiture, ce qui n’est plus le cas pour bien des gens)... Aussi, la présence des religieux relève le moral. Car en effet, c’est assez difficile à croire, mais ces zones n’ont presque pas été secourues et plusieurs dirent que nous étions les premiers catholiques à venir chez eux. Aussi, combien sont reconnaissants envers Monseigneur Jean Marie ! Nous prions pour tous nos amis du Mississippi et de Louisiane dans une si terrible épreuve.
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